Report : la création collective du festival Summer Of Rom a eu lieu !

Après un trajet sinueux sur les petites routes du Lot, je suis accueillie à l’entrée du site où une arche en bois surplombe le terrain. Sur la colline, des tentes colorées ponctuent le paysage, plantant le décor de cette fête à la fois sauvage et soigneusement orchestrée.

Un festival enraciné dans le Lot

Au cœur d’un territoire riche en patrimoine, le festival—héritier du Summer Of Love Festival lancé en 2020 après le confinement—fêtera bientôt sa nouvelle édition sous le nom poignant de Summer Of Rom, en hommage à Romain, membre fondateur disparu tragiquement. Organisée par l’association Ren’Art, cette manifestation intime et locale se déroule chaque été à Laburgade, sur une parcelle agricole voisine de Lalbenque, au cœur du Lot.

Une émancipation festive et patrimoniale

Avec deux scènes baptisées Rodolfo et Tudurüm, le festival propose une programmation éclectique et pointue autour des musiques électroniques : House, Groove, Tekno, Italo, Trance… plus d’une quarantaine d’heures de musique. Au-delà des performances envoûtantes, on valorise le patrimoine local, les stands d’artisans et une ambiance conviviale avec camping ombragé, buvettes et restauration artisanale (aux prix tout doux).

Les stands et animations : diversité & rencontres

Au village des exposants, la librairie Tapage propose une sélection audacieuse d’ouvrages queer et militants, parfaits pour une bibliothèque éclairée, tandis que des créations textiles lumineuses choisies par Mario (alias Hyperpop) illuminent le campement. En parallèle, les activités de plein air foisonnent : yoga, mölkky, tatouages éphémères, maquillage, massages Amma—le tout dans une ambiance bienveillante et inclusive.

Le légendaire ventriglisse

Le ventriglisse est sans doute l’attraction la plus emblématique de cette édition. Ce toboggan géant, installé sur la pente, invite les festivaliers à glisser déguisés dans des tenues loufoques — canard laqué, chevaliers, danseurs disco — avec tastemakers et jury à l’arrivée, dans un esprit carnavalesque unique. Plusieurs heures de glissade et de rires – de quoi tenir tout le samedi après-midi.

Un line-up pluriel

Le vendredi se lance aux côtés de la DJ et productrice aux sélections ciselées, Vitaline. Celle-ci navigue entre breaks, bass music et techno, saupoudrés de rythmes latins qui enflamment instantanément le dancefloor. Ses sets sont une invitation au voyage, du bitume urbain aux plages tropicales – en l’occurrence ici, sur le terrain sableux du Summer of Rom.

S’enchaîne Dana Montana. Originaire d’Ukraine, Dana Montana balance une techno puissante flirtant avec le hardcore, tout en y injectant une énergie viscérale. Derrière les platines, elle transforme la piste en un exutoire collectif.

Pour clôturer cette première soirée, 7RTF, maître du hardgroove et des nappes acid, prend les commandes. 7RTF livre un set rapide, hypnotique et physique. Son style est pensé pour tenir les corps en mouvement jusqu’aux premières lueurs du matin. Chose faite.

On entame cette deuxième journée avec le collectif Supplément Groove. Ce crew fédère plusieurs DJs autour d’un amour commun pour les sélections deep, house et disco revisitées. Leur force : créer un flux continu de groove qui unit toute la piste de danse. Le public est conquis (nous aussi).

Autre set plus qu’apprécié de ce samedi soir : celui de la cofondatrice de l’association Ren’Art, Sara Labb. La DJ tisse un set mêlant techno élégante et envolées atmosphériques. Elle incarne l’esprit du festival : exigeant, généreux et tourné vers la rencontre.

Pour ensoleiller notre dimanche, Wooka présente son projet live aux textures organiques et électroniques entremêlées. Le DJ alterne rythmes tribaux et nappes planantes. Sur scène, chaque morceau se réinvente sous nos yeux comme une transe artisanale.

Une fin de festival bouleversante

Alors que le soleil décline ce dimanche, le dernier set s’achève dans une chaleureuse communion autour d’un hommage solennel : celui de Romain, ami des organisateurs, disparu il y a deux ans dans un accident tragique. Car ce festival célèbre aussi les absents, ceux qui continuent de vibrer dans nos cœurs et dans nos pas de danse.

Summer Of Rom, c’est bien plus qu’un festival : c’est un acte de création collective, un hommage festif à un territoire, à une mémoire, et surtout à la joie de vivre.