J’ai posé quelques questions au DJ, illustrateur et Acid Dropper Acid2fik avant son passage à l’évènement HARDBASS HORS SÉRIE #01 le samedi 13 décembre à Vallery (89) à 1h30 de Paris.
ItinéraireBis : bonjour Acid2fik ! Peux-tu te présenter à notre communauté en quelques mots.
Acid2fik : salut à tous ! Je suis Acid2fik, DJ et illustrateur autodidacte, curieux, passionné de textures sonores électroniques depuis le milieu des années 90. Je navigue entre les esthétiques électroniques brutes et les ambiances plus introvertis. J’aime tout ce qui crée du mouvement, qu’il soit de corps et d’esprit..
ItinéraireBis : à quels genres de musique as-tu été bercée plus jeune ? Quelles ont été tes premières inspirations dans la musique électronique ?
Acid2fik : comme beaucoup de ma génération, j’ai grandi avec le TOP 50, qui ouvrait déjà pas mal d’horizons musicaux. Dans mon quartier, on écoutait beaucoup de funk et de Raï, ce qui m’a vraiment sensibilisé au groove et aux rythmiques dynamiques.
Mon indépendance musicale s’est faite ensuite avec le hip-hop, le punk, l’electro-dub et la techno.
Quand je suis vraiment entré dans le mouv’ techno, j’ai d’abord été attiré par l’acid trance allemande et belge, très populaire à l’époque, ainsi que par la techno américaine.
Avec le temps et la curiosité due à du squattage d’émission radio et de fouinage dans les vinyls shop, j’ai exploré d’autres styles… jusqu’à me faire happer complètement par l’acid techno..
ItinéraireBis : ta patte musicale est une fusion entre Techno, Acid, Tribal, Ghetto-tech, Hardgroove & trip-hop/low tempo. Comment pourrais-tu définir de manière plus personnelle ta musique ? Quelles émotions veux-tu transmettre à l’écoute de tes productions ?
Acid2fik : mon style est clairement orienté “acid techno”, en particulier la London Acid Techno, dont je suis tombé amoureux après avoir découvert une cassette d’Ixindamix. Ce son me touche pour son énergie punk rock : même structure, même intensité… sauf que la TB-303 remplace la guitare électrique.
C’est un son rebelle, né dans les squats et les free parties londoniennes — comme le résument parfaitement Chris Liberator et Sterling Moss dans Rebel Culture : « Acid culture, techno culture, underground culture, rebel culture. »
Ou encore, comme le dit si bien DJ Rackitt dans Croydon Girl : “Why did you choose that? Because we love fat 303’s, fat rigs, fast D…, fuck you!”
C’est exactement cet esprit brut, insolent, sans filtre, qui me parle.
J’ai aussi un faible pour la tribal, pour son côté hypnotique, et pour la ghetto-tech, pour son impact bien brut et ses vocaux — sans doute l’influence directe de la funk.
Quant au trip-hop, comme beaucoup, j’ai succombé à la vague venue de Bristol : Portishead, Massive Attack, Tricky, Archive…
J’ai d’ailleurs sorti une mixtape dans cette esthétique, un véritable travail de recherche et de technique, et je compte bien continuer à explorer cette facette.
ItinéraireBis : tu es DJ et illustrateur depuis plus de 20 ans maintenant. Tu as tourné dans toute l’Europe. Quels sont tes souvenirs les plus marquants ? Une anecdote qui sort du lot ?
Acid2fik : au Cross club à Prague, ce club c’est une dinguerie par sa déco et son environnement. C’était aussi une belle soirée
En Belgique, ou j’ai joué avec Francky Jones, le créateur du célèbre “the first rebirth”
À Linz, en Autriche, je devais jouer deux heures… et j’ai finalement joué six heures. C’était magique : j’ai pu m’exprimer pleinement et tenter de nouvelles choses.
En France, je me souviens d’une teuf dans le préau désert d’une station de ski. Il faisait un froid glacial, on prenait des giboulées… mais le petit dancefloor était sur-motivé. J’ai joué longtemps là aussi, car plusieurs artistes avaient déserté. À la fin, tout le dancefloor m’a littéralement sauté dessus pour me remercier. Complètement fou.
ItinéraireBis : la musique électronique et la scène ont beaucoup évolué ces dernières années. Que penses-tu de cette nouvelle démocratisation ? La vraie scène underground est-elle impactée par cela ?
Acid2fik : ce que j’aime dans l ‘évolution de la techno, c’est la diversité, la curiosité que ça amène et toutes ces voix nouvelles qui apportent un vent de fraîcheur via le matériel qui est beaucoup plus accessible et un nouveau savoir-faire.
Perso, je trouve que la scène underground se porte bien, vu le nombre de fêtes qui ont lieu chaque week-end, que ça soit en free party ou dans des lieux alternatifs.
Je vis à Grenoble et je suis assez épaté par la motivation des petits collectifs. Sans eux il n y aurait pas de fêtes gratuites ou à prix accessibles à tous.
ItinéraireBis : côté date, tu es invité au prochain évènement HardBass Hors Série : Love Freaks + T3chno le 13 décembre prochain. Connaissais-tu l’équipe du collectif Hardbass avant ta venue ? Quelle relation as-tu avec eux ?

Acid2fik : oui, de base, je connais bien Moostik, car on a le même amour pour la London Acid techno et en tant que promoteur de soirée. Je discute aussi pas mal avec Quentin, car je suis en charge de la communication graphique des soirées Hardbass depuis « La Messe ».. Et j’ai bien hâte de rencontrer toute l’équipe pour une soirée qui s’annonce épique et surtout c’est bien mieux de rencontrer physiquement les personnes avec qui tu discutes bien.
ItinéraireBis : un message pour le public avant ton passage. À quoi devra-t-il s’attendre ?
Acid2fik : This moment where acid devastates the dancefloor. Can you feel it? This is Acid fucking techno.
Souvenez-vous des paroles, vous allez l’entendre celui-là ! Et faudra la chanter ^^
ItinéraireBis : quelles sont tes routines avant une date ? As-tu des habitudes particulières ?
Acid2fik : écoute et sélection de vinyle. J’en prend toujours plus qu’il n’en faut, car le set peut changer et j’aime bien improviser. Sinon temps calme, lecture de BD
ItinéraireBis : as-tu des artistes que tu suis de près ?
Acid2fik : je dirais Acid Vigilantes, qui regroupe Aggie Acid Line, Bassline Ben et Ciuciek.
J’aime particulièrement ce que fait Ciuciek.
On a aussi notre frenchie DICA, qui casse tout sur son passage.
Sinon, je regarde énormément de vidéos de performances live sur YouTube et les réseaux : des passionnés qui jouent chez eux, à la cool, mais qui envoient du lourd.
ItinéraireBis : le mot de la fin…
Acid2fik : la techno, c’est nous tous. Tant qu’on continue à créer, à partager et à défendre des espaces libres, l’underground ne mourra jamais. Soutenez vos collectifs, vos crews, vos artistes locaux. La fête appartient à ceux qui la construisent.
Propos recueillis par Vincent Barrier

