J’ai posé quelques questions à la DJ, productrice et Live Performeuse Maya Gora avant son passage à l’évènement HARDBASS #06 ABYSS le samedi 21 mars La Forges (77) près de Paris.
ItinéraireBis : bonjour Maya Gora ! Peux-tu te présenter à notre communauté en quelques mots.
Maya Gora : bonjour ! Je suis Maya Gora, DJ/Productrice et Live Performeuse. Mon univers s’inspire de la culture underground avec des sonorités dark, mystique et mentale. J’aime raconter une histoire et/ou retranscrire une émotion dans mes prods.
C’est d’ailleurs dans cette vision que je prépare mon 1er live qui va me permettre de partager une immersion totale dans mon monde intérieur et offrir une expérience encore plus intense et libératrice.
ItinéraireBis : à quels genres de musique as-tu été bercée plus jeune ? Quelles ont été tes premières inspirations dans la musique électronique ?
Maya Gora : avant de plonger dans la musique électronique, j’ai été bercée par le Métal. Je passais des heures entières sur Youtube à découvrir de nouveaux groupes. Le tournant a eu lieu vers 14/15 ans : je suis tombée sur « Criminally Insane » d’Angerfist qui m’a rappelé « Sonne » de Rammstein. Ce fut une véritable découverte ! C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à explorer l’univers électronique. On retrouve d’ailleurs toujours aujourd’hui ce côté sombre et vénère dans mes productions.
ItinéraireBis : ta patte musicale est un mélange entre Hybrid Tekno, une tekno plus mélodique et mentale avec des voix mystiques et de la Hard Tekno. Comment pourrais-tu définir de manière plus personnelle ta musique ?
Maya Gora : ma musique est une quête d’équilibre, un héritage de la Free avec la Tekno, Hardtek, Acid et une dimension Mentale et Mélodique portée par des voix mystiques. Je vois mes sets comme un voyage qui guérit où j’utilise la noirceur pour la sublimer. Le kick représente la résilience et la force tandis que les sonorités ésotériques permettent de s’évader.
Ce voyage, je le vis en communion avec le public. Dans ce climat de transe les barrières tombent et on devient une seule vibration. Ma récompense, c’est cet échange, cette connexion d’âme à âme. Au fond, ma musique, c’est traverser l’obscurité pour la transformer en lumière et sentir que cette résilience résonne chez les autres me prouve que chaque étape de mon parcours en valait la peine.
ItinéraireBis : côté production, peux-tu nous en dire plus sur ta prochaine sortie ?
Maya Gora : ma prochaine sortie « Dérive Mentale » arrive très bientôt sur toutes les plateformes et c’est sans doute mon projet le plus personnel à ce jour. Il s’inscrit directement dans la lignée de mes deux précédentes sorties: « Asylum » et « Panic Attack ». Pour moi, ces trois morceaux forment une seule et même histoire, une sorte de descente dans les méandres de la psyché humaine.. On est sur une Hard Tekno bien vénère avec une vraie profondeur psychologique. Le track joue sur ce contraste : une rythmique lourde qui percute, entrelacée de touches mélodiques et mentales. Au final, c’est un morceau qui s’écoute avec le corps et se vit avec l’esprit.
ItinéraireBis : tu es également co-fondatrice du collectif Obscuria. Peux-tu nous raconter la genèse de ce projet et les valeurs liées à celui-ci.
Maya Gora : en revenant vivre en région parisienne, je me suis vite rendu compte que pour mixer à Paris, il fallait soit avoir une carrière bien lancée, soit faire partie d’un collectif alors je me suis dit : « ok ba go créer un collectif ». J’ai rencontré evajane et Tsaou sur des events et elles ont été direct emballée par l’idée puis YoKer nous a rejoint. Nous sommes 4 artistes femmes Dj/Productrice/Musicienne et live performeuse qui avons comme valeurs communes l’amour de la musique, le partage, la bienveillance. Nous souhaitons mettre en avant une techno/tekno sombre, acid, mentale ou industrielle, loin des paillettes du mainstream. Offrir une scène où les personnes peuvent s’exprimer librement, se sentir en sécurité et sans jugement.
ItinéraireBis : quelles ont été les étapes clés de ton parcours en tant que DJ ? As-tu des souvenirs qui te reviennent immédiatement ?
Maya Gora : mon parcours n’est pas une ligne droite, c’est plutôt un cycle où la musique a toujours fini par me retrouver.
Tout a commencé il y a pas mal d’années avec mes potes et leur Sound System. C’était génial : les week-ends passés loin de tout, l’adrénaline des convois, les infolines et cette sensation d’appartenir à quelque chose de plus grand que nous. C’est là que tout s’est ancré, dans cette culture du partage.
Ensuite, j’ai fait une grosse pause. Mais ce qui est fou avec la Tekno, c’est qu’elle ne te quitte jamais vraiment.
Le déclic pour passer derrière les platines ne s’est pas fait en un jour. Il m’a fallu du temps pour me sentir prête. J’ai mûri mon projet, j’ai affiné mon univers et le jour où je me suis lancée, c’était comme une évidence : c’était le moment où mon histoire personnelle et ma passion se rejoignaient enfin.
Aujourd’hui, quand je joue, j’emmène tout ça avec moi : les souvenirs des premières teufs, les moments de silence et la force que j’ai récupérée grâce à la musique.
ItinéraireBis : la musique électronique et la scène ont beaucoup évolué ces dernières années. Que penses-tu de cette nouvelle démocratisation ? La scène underground est-elle impactée par cela selon toi ?
Maya Gora : complètement, je pense que cette démocratisation est à double tranchant. D’un côté, c’est génial de voir que les barrières sont tombées et que chacun peut créer de la musique. Mais de l’autre on voit aussi l’envers du décor. Pour moi, la vraie musique électronique, c’est une culture de l’instant et de liberté, pas forcément de visibilité. Au final, la démocratisation remplit les salles mais l’underground continue de nourrir l’âme du mouvement. L’un vend des tickets, l’autre crée des souvenirs. Pour moi, le vrai défi aujourd’hui, c’est de garder cette authenticité alors que tout le monde essaie de mettre des étiquettes sur ce qu’on fait. Et on ne peut pas parler de l’évolution de cette scène sans parler de la répression. C’est là que le double tranchant de la démocratisation est le plus violent. D’un côté, l’État et les institutions célèbrent la culture techno mais de l’autre, sur le terrain, on subit une criminalisation systématique.
ItinéraireBis : côté date, tu es invitée au prochain évènement HARDBASS#06 « ABYSS » le 21 mars prochain. Connaissais-tu l’équipe du collectif Hardbass avant ta venue ? Quelle relation as-tu avec eux ?
Maya Gora : je suivais leur travail de près car leurs events sont très cool et ils font bouger les choses sérieusement sur la scène et dans la région ! Ce que j’aime chez l’équipe d’HardBass, c’est leur passion, leur professionnalisme et la qualité de leurs line-up. C’est le début d’une belle collaboration.

ItinéraireBis : un message pour le public avant ton passage. À quoi devra-t-il s’attendre ?
Maya Gora : préparez-vous à un voyage sans retour. Pour ce passage chez HardBass, je vous ai préparée un set qui me ressemble : une ascension entre Tekno & Hardtekno dark et mental. Ready pour une session d’exorcisme collectif ?
ItinéraireBis : quelles sont tes routines avant une date ? As-tu des habitudes particulières ?
Maya Gora : je n’ai pas forcément de routines ou habitudes particulière, j’aime arriver plus tôt pour m’imprégner de l’ambiance du lieu et discuter avec les orgas, artistes et public.
ItinéraireBis : as-tu des artistes que tu suis de près actuellement ? Avec qui tu voudrais jouer ?
Maya Gora : j’adore me perdre sur SoundCloud, découvrir de nouveaux artistes et me laisser porter par leur univers. J’ai la chance aujourd’hui de partager l’affiche avec des artistes que j’adore et jouer aux côtés de noms comme Radium ou les Hérétik, c’est incroyable, car ce sont eux qui ont façonné une partie de ma culture musicale. J’aurais adorée jouer aux cotés des Spi et Narkotek.
ItinéraireBis : le mot de la fin…
Maya Gora : pour le mot de la fin, je veux simplement dire un immense merci à vous tous. Merci de m’offrir tout ce soutien, cette bienveillance et ce love. N’oubliez jamais que la Tekno est un espace de liberté que nous devons chérir. Continuez de porter ces valeurs de solidarité et de partage car c’est ensemble qu’on garde l’âme de ce mouvement vivante. On se retrouve très vite devant le son pour continuer d’écrire cette histoire.
Interview réalisée par Vincent Barrier


