J’ai posé quelques questions à la nouvelle « Tech House Dealer » Raya, que l’on voit de plus en plus sur les line ups de la scène émergente actuelle et dans nos oreilles avec sa première prod’ et d’autres qui arrivent.
ItinéraireBis : bonjour Raya ! Peux-tu te présenter en quelques lignes à notre communauté ?
Raya : holà tout le monde ! Du coup, moi c’est Raya, de mon vrai prénom… nan je rigole, je vais garder mon identité secrète pour ne pas finir comme Spider-Man. Je fais de la House et de la Tech House depuis bientôt 3 ans. Plus globalement, j’adore l’art dans son entièreté : je peins, j’écris des poèmes, j’aime faire des analyses sur le cinéma et j’adore le monde de la mode. J’aime aussi beaucoup les pâtes et les Marvel.
ItinéraireBis : quelles ont été tes influences musicales plus jeune ? Comment es-tu arrivée vers la musique électronique ?
Raya : honnêtement, mon amour pour la musique électronique m’a été transmis par la Madre. Que ce soit dans la voiture ou à la maison, c’était des mix EDM à fond sur les enceintes tout le temps (ça va, eh, on est tous passés par là). En plus de ça, elle a bossé en club, donc vers mes 16 ans, j’avais le passe-droit ultime pour commencer à sortir et découvrir la scène électro underground au Ninkasi Gerland à Lyon. Je pensais plutôt rester consommatrice de musique que créatrice, mais après des études en Sciences Cognitives, j’ai tout arrêté et j’ai voulu me lancer dans cet univers que je côtoyais depuis déjà un grand moment. D’abord un refuge, puis après, une vocation.
ItinéraireBis : te souviens-tu de ta première claque électronique ? Le moment où tu te lèves la bouche béante.
Raya : dans son élan d’amour pour la musique électronique, la Madre m’a emmenée travailler à Tomorrowland Winter à mes 18 ans et j’ai eu la chance de vivre l’expérience côté orga. La première grosse claque que j’ai prise venait du système son et de la scénographie ! L’ambiance de ces scènes électroniques ne me lâche plus depuis. Un autre moment qui m’a marquée, c’était une Secret Session privée au OUT à Ibiza. J’ai découvert ACA, Darius Syrossian, Joe Venditti et plein d’autres. Ce fut une deuxième grosse tarte de Tech House minimale pleine de groove dans les basses, qui m’a donné envie de continuer dans cette direction musicale.
ItinéraireBis : comment définirais-tu tes sets et ta patte musicale en quelques mots ?
Raya : le premier mot qui me vient, c’est Underground. J’essaye de faire des sets énergiques et d’y mettre du relief. J’aime faire découvrir des tracks au public et pour ça, je digge énormément. Cela va de la Funk à la UK, en passant par la House, la Tech House, la Minimal et surtout plein d’ovnis musicaux qui n’ont pas de case mais que j’A-DORE ! Sinon, côté production, je crée des tracks club, toujours avec une basse prédominante et des vocaux aux rythmiques saccadées. Je ne sais pas si ma patte musicale est encore très affirmée, mais j’y travaille tous les jours.
ItinéraireBis : tu es originaire de Lyon. Comment se porte la scène lyonnaise ? Quelles ont été tes premières expériences là-bas ?
Raya : cela fait bientôt 10 ans que je suis à Lyon et personnellement, je trouve que la scène House – Tech House lyonnaise n’est plus à son apogée. Beaucoup de lieux ont fermé leurs portes, la Tech House n’a pas survécu à la vague Techno et Hard Techno. Du coup, je joue très rarement ici bien qu’il y ait encore des choses à faire (coucou le Sucre). La première scène club que j’ai faite à Lyon, c’était dans le cadre de mon apprentissage au FNK et j’ai eu de la chance, c’est un club classe et réputé. Puis, en revenant de ma saison à Val d’Isère, j’ai eu plusieurs opportunités au Petit Salon, qui est l’un des plus beaux clubs de Lyon. Un vrai accomplissement pour mon début de carrière omg.
ItinéraireBis : on te voit désormais sur beaucoup de line-ups à Paris. Que penses-tu de la capitale et de sa culture électronique ?
Raya : j’ai débarqué sur Paris un peu par hasard et j’ai eu la chance de tomber sur des collectifs qui m’ont tout de suite fait confiance. Tout le monde peut s’accorder à dire que la scène et la culture électro parisienne sont vraiment vivantes et actives. J’aime la pluralité d’événements et de soirées que la ville propose, il y en a pour tous les goûts. Après, s’il y avait plus de Tech House, je serais contente, on ne va pas se mentir hihi.
ItinéraireBis : quel est ton meilleur souvenir de soirée à ce jour ? L’événement où tu te sens pousser des ailes.
Raya : on va partir sur un moment émotion, sortez vos mouchoirs. Je rigole, mais un des meilleurs moments, c’était mon premier All Night Long à Val d’Isère : j’étais super stressée et mon papa était là pendant quelques jours. J’avais envie de tout donner, du coup c’est ce que j’ai fait et j’ai sorti un de mes meilleurs sets. Le Padre est venu danser derrière moi avec un grand sourire, pour à la fin me dire qu’il comprenait enfin que j’avais trouvé MA place. Autant te dire que j’ai eu le smile pendant quelques jours mdr.
ItinéraireBis : Tu es aussi la moitié du duo Rodaya. Quelle est la genèse de ce projet à deux ?
Raya : RODAYA, c’est la rencontre de Roda et Raya en haut des montagnes de Val d’Isère (promis, on avait choisi nos noms d’artistes respectifs avant de se rencontrer, mais le hasard fait bien les choses). C’est à travers ce duo que j’ai mis un pied dans la production mais aussi dans le monde de la House. On a voulu créer une vibe Funk, des tracks un peu soulful, avec ma voix en français et en anglais. Roda est l’artiste avec lequel j’ai le plus appris, et aux côtés duquel je grandis encore aujourd’hui. Même si RODAYA est en pause pour le moment, notre duo est toujours d’actualité et reviendra pour vous préparer de belles surprises.
ItinéraireBis : côté production, tu as sorti ton premier track solo « Hard To Do 55 » il y a quatre mois sur Peaktime Records. Un accomplissement j’imagine. Quel a été ton processus de création pour ce track ?
Raya : quand Peaktime m’a contactée pour leur faire un track (je les embrasse d’ailleurs), je me suis dit que c’était l’occasion de faire quelque chose qui me ressemblait et surtout avec un label qui me suit depuis le début sur Paris, donc oui, c’est un accomplissement. J’ai voulu faire quelque chose de club, plutôt de milieu de set, et surtout avec les codes que j’aime : un vocal répétitif et court, une grosse bassline sur 4 temps et de la texture minimale. Niveau processus créatif, j’écoute plusieurs tracks qui me plaisent et qui sont dans le style que j’aimerais faire, et je note aussi beaucoup d’idées dans la vie de tous les jours. Mes notes iPhone sont pleines à craquer.
ItinéraireBis : comment trouves-tu la scène électronique actuelle ? As-tu des artistes qui t’inspirent ?
Raya : je donne pas mal mon avis dis donc, ahah ! Pour ceux qui sont restés jusqu’à là, c’est cool, vous êtes motivés. Je suis assez jeune, donc je ne veux pas comparer la scène actuelle avec d’autres époques sachant que je n’y étais pas. La scène électro est une mine d’or lorsque l’on cherche bien, car waouh, il y a du monde. Il me semble qu’il y a entre 16 000 et 21 000 tracks électroniques qui sortent par jour, donc c’est chouette d’avoir du choix, mais le plus difficile, c’est de se différencier et de sortir du lot. À ce jeu-là, il y a des artistes que j’aime beaucoup comme Ciclo, Jho Roscioli, Fede Aliprandi, Patrick Topping, Tony Romera en Tech House et Riva Starr, Traumer, Emery Bex, Austin Ato en House, qui sont très forts pour être reconnaissables. Bon après, dans un entourage plus proche, je veux aussi mettre en avant de super artistes bien cool, alors big up à Roda, Naux, Ben Candel, Alya, Alastair Lane, Boogietraxx et plein d’autres…
ItinéraireBis : quelles sont tes prochaines actualités ?
Raya : en termes de gigs, je vous laisse aller checker sur mon Insta : pour juillet et août, je serai sur Bordeaux, Marseille, Paris, Toulouse, Toulon, Agen et Lille il me semble. Et en termes de festivals, vous pourrez me retrouver au Natif Festival à Hyères, ainsi qu’au Pain Bénit Festival à Toulouse, tous les deux en août. Niveau prod, j’ai 2 singles qui sortent à l’automne. J’ai prévu des collabs avec… arg, je ne sais pas si je peux encore sortir leurs noms, mais ça va être croustillant. Olé ! Et je bosse actuellement avec un artiste et créateur lyonnais, Vincent, avec qui on crée des tenues, des concepts où l’on mélange mode et musique, mais également bientôt du merch Raya ? Allez donc jeter un œil chez Pécho N Go (@pecho_n_go). Restez connectés !
ItinéraireBis : le mot de la fin…
Raya : “Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.” Non, plus sérieusement : Être différent(e), ça devient un don quand on arrive à croire en soi.
Interview par Vincent Barrier

